#6 – A.U.R.A. de l’Université Toulouse Jean Jaurès
La volonté d’exister s’illustre avec brutalité

30
Mar
2018

Grinçant et pourtant esthétique, il se déroule un spectacle énergique qui laisse en apnée par son intensité, sa force et sa puissance.

C’est sur une scène vide, dans un costume simple, noir et près du corps, les pieds bien ancrés dans le sol que les membres de la troupe d’étudiants de l’Université Jean Jaurès de Toulouse se sont imposés. Leur pièce s’appelle A.U.R.A.: Anarchist Unit Related to Arts.

Les morphologies sont très variées. La pièce l’affiche. Pour autant le spectacle reste en soit asexué. Les danseuses et danseurs s’affrontent entre eux mais peut-être contre tous. Les cris, les duels, notamment, miment les arts martiaux. Parfois un décalage dans le décompte dissocie le groupe et forme des minorités qui restent pour autant toujours aussi imposante et persuasive. L’ensemble reste très graphique malgré la masse.

Effectivement c’est grâce à des mouvements de bras énergiques et répétés, à des décalages de quelques temps dans certaines parties que l’ensemble forme une masse tonique et dynamique. Cette troupe étudiante amateure tente d’occuper l’espace le plus possible. Des élans bruts, dynamiques et libérateurs interprétés avec hargne produisent chez le spectateur une vibration curieusement satisfaisante.

La musique, par son minimalisme et son grain électro-acoustique, fait basculer la danse dans un univers macabre, sombre, oppressant mais surtout agressif. Les mouvements des danseuses, en rythme avec les cordes frottées et les percussions prononcées, gagnent en intensité et en puissance ; aussi bien que lorsque la musique s’efface, les cris et les frappes produites contre le sol nous cognent d’une brutalité qui nous laissera des cicatrices.

Amélie Suteau et Nathan Vlemale
Licence Lettres et Cultures Contemporaines

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