#7 – Pas de panique de l’Université Bordeaux Montaigne
Seule ou en couple ?

28
Mar
2018

Elle est seule. Elle en tremble, tout son corps crie sa différence, alors que le groupe est constitué d’une multitude de couples.

Dans la pièce proposée par les étudiants de Bordeaux Montaigne, la question de l’exclusion est posée. Pas de duo pour celle qui diffère, pas de double avec qui partager cette expression qui lui est propre. Non. Son corps s’incorpore un instant, l’espoir naît… mais elle est à nouveau renvoyée en marge. Est-elle l’objet du rejet ou bien s’éloigne-t-elle pour se protéger ?

Elle tournoie au bord de l’ensemble, soliste involontaire. Chaque danseur(se) s’accorde au groupe, polit ses gestes pour y entrer, mais développe son propre langage corporel. Cette mutation se fait en deux temps : d’abord par la formation du couple se forment puis sont annexés à ce groupe. L’image de la société saute aux yeux : pour y trouver sa place et fonctionner avec elle il faut se plier aux lois tacites qui la dirigent. Certes la danseuse correspond au dress code, mais son mouvement syncopé la distingue.

L’unité tourbillonnante semble terrifiante, déclenche d’étranges crises de saccades. Cela forme un monstre tentaculaire et mouvant qui absorbe ses membres ; leurs particularités se diffusent à l’ensemble comme une mutation, déteignent à tous. Les échanges enrichissent l’écriture de chaque individu tout en l’hybridant. Il devient miroir des autres, reprend une part de leurs gestes, de ce qui les identifie.

Peut-être le plus simple serait de se laisser couler dans la norme, d’intégrer ses codes et de faire corps avec les autres. S’il semble tentant d’affirmer une individualité forte, l’isolement inquiète.

Emmanuelle Lescouët
Master Livres et Médiations

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