#15 – The way to go to sky et Hanyang Soogung-Ga de l’Université Hanyang (Corée du sud)
Envoûtante choré de Corée

27
Mar
2018

Les étudiants coréens ouvrent le cycle des pièces universitaires du Festival À corps. Avec eux, le voyage passe aussi par notre culture.

Les étudiants de l’Université Hanyang (Séoul, Corée du Sud) sont apparus tout en simplicité, vêtus d’un simple kimono fluide couleur pastel, virevoltant. Leur chorégraphie, composée par Hwang Kyu Ja se divisait en deux parties : The way to go to sky et Hanyang Soogung-Ga, à la fois bien différentes et pourtant complémentaires, semblant former un tout.

Les premiers mots qui viennent à l’esprit : culture, Asie, tradition et … danse classique occidentale. Sur une musique de Jang San Eik, faussement traditionnelle, les étudiants ont revisité l’art de la danse classique en y mêlant des éléments de leur propre culture. Il y a quelque chose de curieux à redécouvrir cette danse qui remonte à notre Renaissance italienne, tout en voyageant : sourires surjoués volontairement, pointes, arabesques mêlées à des gestes qui leur sont propres, sur fond d’inspiration d’un conte populaire (Le lapin et la tortue)… Transport planant sans payer de billets d’avion.

La simplicité des costumes, qui épousent le corps différemment d’un tutu, participe pourtant à l’occupation de l’espace, en même temps qu’en émane ce parfum de tradition. On retrouve cela aussi dans la musique revisitée, mêlant calme et rythmes plus enjoués dans la première partie. Mêlant le passé au présent. Cette transmission passe par l’excellence technique irréprochable des danseuses, souvent isolées du jeune homme.

Cette partition est plus manifeste encore en seconde partie. La lumière s’affaiblit. Changement de costumes. Sombres, noirs. Bruit de clochette. Deux hommes. Puis musique angoissante. Le changement de tonalité est marqué. Poupées désarticulées, gravitation autour du jeune homme à la clochette. Ce qu’il y avait d’enjoué s’estompe, dans la musique comme dans les mimiques. On songe à une cérémonie rituelle.

Le spectateur atterrit comme il avait décollé : en douceur. Les danseuses, la musique et les lumières s’harmonisent une dernière fois, pour s’éteindre progressivement. Les deux hommes restent seuls sur scène. Obscurité. Fin du voyage.

Amandine Reginaldi, Pauline Chaumont
Licence de Lettres et Cultures Contemporaines

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