#9 – Pas de panique de l’Université Bordeaux Montaigne
Seule à seule avec les autres

5
Avr
2018

Y a-t-il une unique façon d’être seul.e ? Une déclinaison des solitudes qui chorégraphie un panel des relations humaines.

Une jeune femme s’avance en silence sur le plateau. Elle danse. Aussitôt rejointe par une autre. L’espace scénique devient juxtaposition de territoires. Leurs mouvements viennent s’empêcher, s’évincer hors de la scène. Elles se cherchent avec méfiance, avant de disparaître. S’ensuit l’apparition éphémère d’autres duos féminins, qui abandonnent bientôt toute réserve pour danser ensemble.

Par une mise en exergue du relationnel, de la maîtrise comme de la maladresse, les étudiantes de l’Université de Bordeaux Montaigne créent toute sorte d’identités repérables dans les mouvements, entre torsions habitées et tocs absurdes. Cette diversité s’abstient toutefois d’instaurer une hiérarchie.

Deuxième tableau : O Solitude de Henry Purcell retentit dans la salle. Les danseuses s’élancent toutes sur la scène, effectuant des allées et venues jusqu’aux coulisses, créant des vagues humaines qui se meuvent sous l’impulsion d’une des solistes, qui rejette le groupe, s’éloigne dès que la foule se fait trop oppressante.

Les autres danseuses fonctionnent encore en duo : entre gestes fluides, poétiques et hachés, saccadés, créant un décalage qui montre toute la beauté des danses multiples qui se déroulent. Mais, à neuf, elles sont en nombre impair : dans le maillage par des duos, l’une d’elles se retrouve seule à tout coup, dans le rôle d’observatrice de cette foule qui s’amasse, se disperse, sort de la scène puis revient, véritable tourbillon humain.

Pas de panique présente un jeu d’oppositions, entre musique et silence, fluidité et gaucherie, solitude et cohésion, qui loin de s’affronter, orchestrent un regard sur l’humanité.

Violaine Piquet et Anaïs Indart
Master 2 Livres et Médiations

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