Édito

« Je peux bien aller au bout du monde, je peux bien me tapir, le matin, sous mes couvertures, me faire aussi petit que jepourrais,jepeuxbienmelaisserfondre au soleil sur la plage, il sera toujours là où je suis. Il est ici,  irréparablement, jamais ailleurs. Mon corps, c’est le contraire d’une utopie, ce qui n’est jamais sous un autre ciel, il est le lieu absolu, le petit fragment d’espace avec lequel, au sens strict, je fais corps. »

Michel Foucault, Le Corps utopique, 1966.

Toujours très actif dans son lien avec les amateurs, le Festival À Corps s’attache plus particulièrement cette saisonàcerapportauxautresdans une double dynamique : non seulement les étudiants amateurs – étrangers et français – proposeront leurs travaux chorégraphiques avec l’engagement qu’on leur connaît mais ce rapport à l’autre se voit aussi traité directement dans plusieurs pièces professionnelles qui vont alors soulever les problématiques des amateurs, fans, curieux, électeurs… Tous ces « autres » qui s’expriment et se projettent sur un être ou une chose, ensemble et dans leurs différences. Artistes de tout le pays et de notre ville, solos et pièces de groupes, pièces d’amateurs et de professionnels, expériences sensorielles et artistiques, rendez-vous dans l’espace public ou dans les salles de spectacle, rencontres- débats ou juste pour voir, ateliers, discussions ou fêtes… C’est bien dans ce bouillonnement de jeunesse et de corps que notre festival jubile, s’enflamme et ne cesse de questionner le corps contemporain et ses multiples représentations.

Béatrice Charrier, directrice du Centre d’Animation de Beaulieu
Isabelle Lamothe, vice-présidente culture de l’Université de Poitiers
Jérôme Lecardeur, directeur du TAP